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RENCONTRES VERRIERES TRANSFRONTALIERES DES ALBERES 2017




LE PORRO DE MATISSE par Anne Carrère


Henri Matisse, « Vaisselle et fruits sur tapis rouge et noir », huile sur toile, 61cmx73cm, signé en bas à gauche, Collioure, été 1906  (Saint-Petersbourg, Musée de l’Ermitage, collection Chtchoukine).



Les séjours consécutifs de Matisse à Collioure de 1904 à 1914, ont été ponctués par son voyage en Algérie en mai 1906 et par ses deux séjours au Maroc lors des hivers 1912 et 1913. Les influences de ces voyages s’invitent directement dans ce tableau en faisant dialoguer le métissage des cultures : le porro méditerranéen et le tapis avec poterie algériens apportent, par le traitement de la composition et la palette de couleurs, un caractère à la fois décoratif et méditatif au tableau.
L’étude stylistique souligne l’importance du traitement sans perspective, en aplat, qui produit dans l’oeil du spectateur une impression de lévitation des objets et instaure un jeu de déséquilibre et de basculement. Cependant on perçoit aussi la notion de ronde dans le placement des objets dans l’espace, présidée par le porro catalan qui trône à même le tapis dans une atmosphère feutrée telle que le préconisait Matisse.
Textures et matières, couleurs, empâtements, non perspective, art décoratif et mixité, danse...cet univers matissien met l’accent sur le bonheur simple que l’on peut retirer des objets qui nous entourent ; il nous donne à voir, par son génie de coloriste, la sensation du Bonheur de Vivre.


PORROS : QUESTIONS DE TYPOLOGIE ET D’ICONOLOGIE par Roger Barrié


                       
                                                   Considérons d’abord le MOT avant de s’intéresser à la chose. Encore aujourd’hui, l’étymologie du substantif porro reste très incertaine. Depuis le XIX° siècle les propositions n’ont pas manqué : origines latine (vase à boire), celtique (treille), arabe (cruche), catalane (poireau) ; et en 1992, le dictionnaire de l’Académie Royale Espagnole finit par avouer : étymologie inconnue ; la dernière trouvaille, au début du XXI° siècle, figure dans un savant et sérieux dictionnaire de gascon qui invoque un mot gaulois, procédant du latin et désignant la forme d’un oiseau.
                   Quant à la définition du mot, elle a suivi le développement de l’usage de la chose. Il ne serait pas impossible que, dès le Moyen Age, il s’agisse d’un instrument de petite taille, comme celui conservé au monastère de Poblet, utilisé dans l’apothicairerie en tant que compte-gouttes ou doseur de liquides pharmaceutiques et signalé comme tel par Jaime Barrachina (Musée du château de Peralada).  En fait, la première mention dans le dictionnaire de l’Académie Royale Espagnole date de 1737 et  désigne un récipient en terre contenant de l’eau ; mais au cours du XIX° siècle apparaissent les mentions du verre, du vin et du bec verseur.  
                    Une découverte inédite, faite récemment par D. Fontaine dans les fonds des Archives départementales des Pyrénées-Orientales, révèle la mention de porros  dans un document de 1673 concernant une verrerie de Laroque-des-Albères, ce qui indique que l’objet ainsi désigné est alors proposé à la consommation courante.
                     Par ailleurs, les dérives sémantiques témoignent de la vie du mot ici et ailleurs (mesure de 0,94 l. à Barcelone, bouteille de bière en Argentine, euphémisme pour l’urinoir dans des contrées valenciennes...).

                                                      Pour aborder la chose, c’est-à-dire l’OBJET même, nous avons examiné la collection GM, composée de plus d’une cinquantaine de porros et réunie par un collectionneur français à partir d’achats aléatoires, sans datations ni origines connues. La typologie des formes repose sur deux critères principaux (le profil du goulot et le profil de la panse du récipient) et sur un critère secondaire (le traitement de l’embouchure du goulot). Après comptage et classement, on obtient trois types assez bien caractérisés.
                       Le premier type est constitué de porros possédant un goulot droit, avec embouchure évasée en collerette, et une panse dont le profil est marqué par des épaules, donc de forme globulaire ; le collectionneur propose de localiser ce type en Roussillon et Sud de France. 










Le second type possède toujours un goulot droit mais avec une embouchure marquée par un ruban de verre faisant collier ; le profil de la panse est lissé, donnant une forme triangulaire à l’objet ; la localisation proposée serait la Catalogne.









Enfin, le troisième type est plus commun et a connu une fabrication industrielle compte tenu de sa large diffusion en Espagne ( l’Aragon, La Rioja et d’autres régions) : il s’agit du porro à goulot courbe, sans traitement de l’embouchure, et à panse triangulaire, à profil lissé.








                          Cependant, pour pratique que soit cette classification formelle, la datation des objets n’est pas prise en compte, ce qui ne permet pas de faire une chronologie, par ailleurs fort difficile à cause de la permanence des formes d’un siècle à l’autre et en raison aussi des usages très spécifiques ; trois exemples de ces usages : la confection de porros miniatures utilisés comme jouet pour enfant ; 







 les porros populaires avec une très large base en vue du transport et même gainé de corde pour l’utilisation en bateau (musée de la pêche à Palamos) ; ou bien encore les porros de luxe, au XVIII° siècle, avec panse et embouchure ornées   (musée du vin du château de Peralada)



 ou avec socle bien détaché pour poser le récipient sur la table (musée historique de San Feliu de Guixols)

  
ou bien encore porro entièrement recouvert d'un décor dit à latticini, filigranne intégré dans la masse et inspiré par la fabrication vénitienne (porro de la vente publique de 2007 à l'Hôtel Drouot à Paris)



                            Pour affiner la connaissance de cet objet, il conviendra de croiser diverses typologies  de forme, de date, d’usage et de localisation à partir de recensement et de diverses documentations, archivistiques et ethnographiques.


                                                                   L’analyse iconologique permet d’approcher les significations sociales et culturelles ; ici encore le sujet mériterait une investigation d’ampleur à travers les modes d’expression artistiques. Au fil de la peinture de genre de José Benlliure i Gill (Valence 1855 - 1937) le porro est figuré dans plus d’une dizaine de tableaux qui exposent les thèmes du quotidien social au moyen de la représentation des habitudes et des mœurs populaires (les paysans, les jardiniers, les soldats…) parfois même dans une mise en scène historiciste (la taverne au XVII° siècle) . Le tableau « Palique y trajo », peint vers 1878 et conservé au musée du Prado, présente des paysans agés et fatigués autour d’une table de taverne : le porro, du type valencien très particulier (goulot droit, embouchure évasée, panse à épaules, bec verseur court et courbé), à demi rempli de vin et posé au sol, occupe le centre bas de la toile.



 Dans ce tableau comme dans les autres oeuvres,  toutes les figurations du porro chez Benlliure obéissent aux mêmes caractéristiques iconographiques ; elles signalent une place privilégiée dans la composition et induisent une construction centrée sur l’objet.






De plus, la facture picturale de « Palique... » ne laisse place à aucune stridence malgré l’abondance des détails pittoresques qui baignent dans une lumière poussiéreuse et dorée : le porro y est le seul élément transparent et verdâtre autour de la masse sombre du vin rouge. La place dans la composition et le traitement stylistique de l’objet, comme dans le superbe « Hortola » où le personnage tend au spectateur le même porro au milieu du tableau,



confèrent au porro une fonction symbolique multiple, celle de décrire le moment du repos et du délassement mais aussi celle d’une invitation au partage ; le porro y acquiert une sorte de rôle spirituel en concrétisant une communion  laïque des personnages par le moyen de la parole et de l’échange du vin. 
                                  A l’opposé de la richesse de significations des tableaux de Benlliure, un peintre perpignanais, contemporain du peintre valencien, Louis Delfau (Olette 1871 – Perpignan 1937) peint vers 1920 « La Cargolade », conservée à la Casa Pairal, qui se présente comme un tableau surchargé de notations iconographiques à seules valeurs pittoresques, véritable résumé descriptif du répertoire folkloriste dans lequel, dorénavant, le porro va tenir une place de choix.


                  Commence alors une nouvelle fonction pour le porro, celle d’un marqueur de l’identité catalane :  la photo du musicien Déodat de Séverac, prise avant 1921, témoigne d’une vision hédoniste du Roussillon dans laquelle le geste de boire à la régalade grâce au porro concentre l’essentiel du message tel que l' illustre la statuette, réalisée en majolique vers 1950, faisant partie de très nombreuses figurations du porro à but touristique.




                                      Après ces évocations rapides de la fortune du porro dans nos sociétés, nous mentionnerons son utilisation métaphorique, à l’époque de la transition démocratique en Espagne, dans un autre univers, assez inattendu. Une cigarette de cannabis maladroitement roulée a suggéré l’image du bec verseur du porro dont elle a pris le nom  au point de figurer dans des films humoristiques de cette époque-là comme « el porron ». Et en 1994, dans son film « La lune et le téton », le réalisateur Bigas Luna a recours à des porros d’où jaillissent des jets de lait, porros volants dans le rêve d’un enfant en mal d’affection maternelle. Ainsi, il ne manquait plus au porro que d’entrer dans l’univers onirique pour compléter sa trajectoire historique.



POURROUS EN LANGUEDOC par MADELEINE BERTRAND


















































HISTOIRE DU VERRE EN ROUSSILLON par DENIS FONTAINE ET JORDI MACH

























DES ITALIENS EN BRETAGNE APRES 1650 par ERWAN LE BRIS DU REST 



Une communauté italienne du verre en Bretagne :

Javardan en Fercé


Dans les années 1650, dans la forêt de Javardan, paroisse de Fercé (alors dans l’évêché de Rennes, aujourd’hui commune du département de Loire-Atlantique) se fixe une famille de verriers italiens, les Massar, qui succèdent alors aux Bormiole venus d’Altare, de Lyon puis du Croisic. L’une et l’autre familles sont originaires d’Altare, marquisat de Montferrat, en Ligurie. Les Altarais sont nombreux sur différents sites verriers de Haute-Bretagne (Loire-Atlantique, Ille-et-Vilaine), Bormioli/Bormiole, Saroldi/Sarode, Buzzone/Du Buisson, Greni, Racheti/Raquet, Pisani/Pisan. Dès 1588, nous trouvons Giovani Ferro/Jan Fer à Machecoul puis à Nantes où il fut l’associé de Gouarin Massar. Après un temps de migration pendulaire Altare/Bretagne/Altare, plusieurs membres de ces familles se fixent, mettant un terme aux migrations provisoires ; certains de leurs membres ont alors reçu la naturalité, d’autres ou eux-mêmes ont contracté des alliances matrimoniales. 


Des familles d’Altare en Ligurie


Les principales familles d’Altare, au nombre desquelles ont compte les Massari, familles systématiquement alliées entre elles, sont celles du verre ; ce sont elles qui y dominent  numériquement la communauté ; on peut donc parler, en cette fin du XVIe siècle, d’une communauté du verre (Corine Maitte1). A Javardan-Fercé au cours de la seconde moitié du XVIIe siècle, partant d’une migration qui a réussi et est définitive, se reconstitue une communauté du verre. 

La verrerie passe des Bormiole aux Massar par mariage. Union des familles, conjugaison de leur savoir-faire. Dès 1656, les Bormiole puis les Massar ont affermé puis alloué au vicomte de Fercé  la forêt de Javardan. Un peu plus d’un siècle plus tard, en janvier 1764, leur descendant écuyer Jean-François de Massar, gentilhomme, maître de la verrerie de Javardan, chevalier seigneur de La Raimbaudière et d’autres lieux, allié à la noblesse locale parlementaire et d’épée, achète la vicomté de Fercé. Il décède en décembre 1764 en sa maison noble de Javardan. La verrerie passe à la famille Du Boispéan (une fille de Jean-François, et héritière de la vicomté, a épousé un Boispéan).


Une verrerie forestière, une économie rurale


La population intéressée par l’activité de Javardan ne se limite pas uniquement aux ouvriers du verre, mais peut s’étendre à d’autres professions rurales et toucher des habitants des paroisses environnantes, pour les charrois du sable, de salpêtre, de verre cassé, de paille, des produits verriers, pour l’entretien du massif forestier, pour la tenue de la demeure du maître de la verrerie. Outre les maîtres verriers et les ouvriers verriers, celui-ci met aussi à contribution ses métayers pour les travaux de la verrerie, des champs et les charrois, ses voisins propriétaires pour la fourniture en paille. La verrerie de Javardan, constitue une unité économique et est au centre d’un vaste ensemble rural. Les quelques feuillets d’un livre de raison qui nous sont parvenus ne nous permettent pas de préciser sur la durée l’aire d’influence de la verrerie, d’en préciser (si ce n’est sur une courte période, 1754-1762, livre de raison de Jean-François de Massar) les revenus liés à la production en gobeleterie, de préciser la localisation (à de rares exceptions) des fournisseurs et des clients et de ce fait des débouchés, d’estimer les recettes induites des échanges avec les clients, de connaître les dépenses auprès des fournisseurs y compris les propriétaires fonciers alentours, de préciser le coût de fonctionnement de l’entreprise, de la maisonnée. Jean-François de Massar laisse à sa mort une fortune estimée à 269 000 livres. Il meurt en sa maison noble de Javardan.


Les verres de Javardan


La production du verre «cristal», reconnu pour sa transparence, son éclat et sa résonnance,  fut une production de choix de la verrerie. En 1672, alors qu’est renouvelé pour la forêt de Javardan (300 hectares) le bail entre Olivier d’Apelvoisin, bailleur, vicomte de Fercé, et Virgile Massar/Massari, il est précisé que serait effectué un versement annuel d’objets en verre au nombre desquels figureraient quatre douzaines de verre en cristal. Le fermier s’engage à effectuer des coupes de bois sur une année atteignant un volume de près de 14 500 m3 ; le loyer est faible mais les affouages sont élevés, il est précisé que le bailleur exigeait en plus du bail et de l’affouage une redevance en nature des verres communs ou en cristal2.
En référence aux quelques feuillets du livre de raison de Jean-François de Massar, de 1754 à 1762, la verrerie a produit des pièces de «pinette», de «chambourin» (petit verre grossier de couleur verte), de «fougères» (verre à boire, léger, la cendre de fougère est utilisée dans sa fabrication – «verres verts de fougères»), des «caraffes à l’espagnole», des «gondoles» (long récipient à boire sans anse ni pied), des «bocou de matras» (verre au col étroit et long, tube ou ballon à long col – utilisé en alchimie puis chimie), des encriers, des «verres à cidre», des «verres fins», des «bouteilles à fond eau», des «colberdes», des «pommadiers», des «pretresses ou tasses noires», des «goblets», «une douzaine d’encrières»… Nous avons là un inventaire assez complet de la production de Javardan. En août 1754, la verrerie a servi quatorze clients. Le maître-verrier met aussi à contribution l’une de ses filles pour livrer, pour tenir et solder ses comptes. Affaire familiale mais aussi entreprise florissante. 


La halle


De la verrerie des Massar ne subsistent que quelques bâtiments profondément  perturbés par des aménagements postérieurs aux années 1990 : la halle, la salinerie, la maison du comptable ( ? - ou pavillon Saint-Hubert). En septembre 1754, le gentilhomme-maître verrier de Javardan, paye un journalier «pour quarante journées qu’il a fait à détremper de la terre à pots et refaire le four […]». La lecture du plan cadastral de 1824 laisse apparaître sur la façade nord de la halle une excroissance semi-circulaire cet avant corps abritant vraisemblablement l’ouverture de la cave à braises par laquelle les cendres étaient évacuées.  Le four était orienté nord/sud. Un témoignage de 18073 rapporte qu’y travaillaient 16 ouvriers soit 4 maîtres, 8 gamins, 3 tiseurs, 1 fondeur, soit quatre creusets de fusion, deux gamins par maîtres, trois tiseurs alimentant le four en bois, 1 fondeur s’occupant de l’entretien du four pendant la fusion qui ne pouvait être interrompue. 

En 1854, un incendie détruit la halle qui est reconstruite dès l’année suivante. En 1860, les ventes sont difficiles.  La verrerie cesse son activité en 1862



1 - Acte de baptême d’«Antoine César fils légitime d’escuyer François Virgile Massar maistre de la verrye de Javardan [et de] damoiselle Marguerite de Bormiole sa compagne demeurans dans ladite verrye[…]». Antoine Cesar naquit le 11 juillet 1676, il est baptisé le jour même, il est tenu sur les fonts baptismaux par «escuyer Jan Baptiste Greny oncle du baptisé». Le père de l’enfant, ainsi que son parrain (et la marraine «damoiselle René Langlé dame du Breil») signent l’acte : «Virgilio Masaro», «Sgr Jouani Batista Greni».
Arch. dép. de Loire-Atlantique-BMS (Baptêmes Mariages Sépultures) Fercé-1676



2 - Verreries établies en Haute-Bretagne au XVIIe siècle et plus particulièrement tenues par des Italiens venus d’Altare.
Source : Herbaut Claudie, Les verreries de haute-Bretagne du XVe siècle à 1934 (Loire-Atlantique et Ille-et-Vilaine), Association pour le développement de l’Inventaire général de la Région des Pays de Loire, 1990, dactylographié




3 - Département de Loire-Atlantique, commune de Fercé, Cadastre 1823, section C : la verrerie de Javardan. Trois bâtiments subsistent en 2017, la maison Saint-Hubert (au sud de la parcelle 137), la salinerie (numéro 143), la halle (numéro 132).
Conseil départemental de Loire-Atlantique. Archives départementales-Cadastre 1823-Commune de Fercé-Section C




4 - Javardan, la halle. Façade nord/pignon ouest, état en septembre 2017. Deux aérations en toiture étaient toujours visibles en 1990. L’avant corps semi-circulaire dessiné façade nord sur le plan cadastral de 1823 n’apparaît pas. De nombreux aménagements dans les années 1990 ont fait de cet édifice un lieu de réception.
Cl. ELBR, 2017 




5 - Javardan, la halle. Façade sud. Le corps de bâtiment s’appuyant sur la façade sud correspondrait aux arches de refroidissement des verres. L’édicule semi circulaire dans l’angle de ce bâtiment est un four à pain. 
Cl. ELBR, 2017 



6 - Creuset de fusion du verre. Ce creuset, ovale, aujourd’hui disparu, fut trouvé sur le site de la verrerie et photographié en 1990. Il avait été restauré à l’aide de ciment, ses parois tant à l’intérieur qu’à l’extérieur étaient vitrifiées. L’éclatement de ce creuset de fusion témoignent pour soit un arrêt brutal, voire accidentel, du four soit un choc.
H : 0,50m / L max : 0,70m
Source : Herbaut Claudie, cl. Service régional de l’Inventaire Pays de Loire, 1990




7 -Bougeoir. Verre blanc transparent. En inclusion dans la jambe une torsade en pate de verre tricolore, rose, bleu, blanc. Ce décor aurait-il été introduit à Javardan par les frères Jacques (décédé à Fercé en 1750) et Jean-Charles Perrot sieurs de Limonty, neveux (?) de Bernardo Perotto/Bernard Perrot, verrier orléanais. Les frères Perrot de Limonty viennent à Javardan de La Fay-aux-Loges, diocèse d’Orléans, verrerie installée en 1708 par des nièces de B. Perrot (elle ferme en 1754). Ce décor «à l’italienne» se retrouverait dans des œuvres de Bernard Perrot (né à Altare en 1640, décédé en 1709).
Collection particulière. Cl. ELBR, 2017